Légumes

Depuis quelques années, la consommation et la production de produits biologiques connaissent une croissance sans précédent. Toutefois, de plus en plus, se pose la question de l’impact environnemental de certaines pratiques agricoles utilisées dans la filière biologique, notamment la culture sous serre et le chauffage de ces infrastructures. Cet article se propose ainsi d’étudier la problématique : Les légumes produits sous des serres chauffées peuvent-ils réellement être considérés comme biologiques ?

Le cahier des charges du label bio et son évolution

Légumes

Pour qu’un produit soit certifié biologique, il doit répondre à un cahier des charges strict, établi par les différentes instances nationales et internationales compétentes comme le Comité National de l’Agriculture Biologique (CNAB) en Europe. Les principales règles concernant la culture de légumes biologiques sont :

Cependant, au sujet des serres, jusqu’à présent, peu d’exigences étaient mentionnées dans le cahier des charges. Ainsi, loin d’être interdites, les cultures sous serres chauffées ont connu depuis plusieurs années un véritable succès auprès des producteurs de légumes biologiques, pour répondre à la demande croissante du marché.

Le débat autour des serres chauffées

Cependant, avec cette forte croissance des cultures sous serre, un véritable débat a émergé. En effet,

  • D’une part, ce mode de culture permet de garantir une production régulière et de qualité tout au long de l’année;
  • D’autre part, il est souvent accusé d’avoir un impact environnemental néfaste, notamment en termes de consommation d’énergie nécessaire pour chauffer les serres.
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Les avantages des serres chauffées

En premier lieu, il convient de souligner que les serres offrent de nombreux avantages aux producteurs de légumes bio :

  1. Elles permettent de mieux maîtriser le climat et l’environnement de croissance des légumes et ainsi garantir un approvisionnement constant pour les consommateurs;
  2. La protection offerte par les serres limite l’apparition de maladies ou la présence de parasites, réduisant alors le besoin d’interventions phytosanitaires;
  3. Elles contribuent également à une meilleure rentabilité économique pour les agriculteurs grâce à une production plus régulière et à une diminution des risques climatiques.

Les inconvénients liés à la consommation d’énergie

Néanmoins, la principale critique adressée aux serres chauffées concerne leur consommation d’énergie. En effet, le chauffage des serres peut nécessiter l’utilisation de sources d’énergie fossile, contribuant ainsi à la production de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique.

De plus, ce recours au chauffage est vu par certains acteurs du secteur comme un détournement des principes fondamentaux de l’agriculture biologique, qui prône notamment une adaptation aux conditions locales et saisonnières plutôt qu’une volonté de les contrôler.

Vers une évolution des réglementations

Face à cette divergence d’opinions et aux inquiétudes grandissantes concernant l’impact environnemental de certains modes de culture, certaines instances ont récemment pris des mesures afin d’encadrer davantage les pratiques liées aux serres chauffées.

La position française sur les serres chauffées en production bio

Ainsi, en France, le Ministère de l’Agriculture, a publié en mai 2019, une instruction technique interdisant le recours au chauffage pour cultiver des fruits et légumes hors saison, répondant à cette injonction :

  1. Cette mesure vise à restreindre l’utilisation de serres chauffées dans le segment des produits maraîchers labellisés agriculture biologique;
  2. Sont également prohibés, désormais, le recours à éclairages artificiels intenses ainsi que l’utilisation systématique de protections plastiques non recyclables, de manière à économiser toujours plus d’énergie.
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En somme, si les légumes produits sous des serres chauffées peuvent être certifiés biologiques selon le cahier des charges actuel, il apparaît essentiel que la filière se questionne sur les impacts environnementaux de ses pratiques et s’adapte en conséquence pour garantir un mode de production toujours plus respectueux du vivant. Les instances nationales et internationales œuvrent ainsi pour une évolution des réglementations tout en conservant un objectif d’équilibre entre les besoins économiques et écologiques.

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