Une grappe atrophiée par le millerandage.

La coulure et le millerandage sont des maladies qui touchent les vignes. Les deux sont à distinguer bien qu’elles soient néfastes pour une vigne et, de ce fait, pour la production et la qualité du vin. Mais de quoi s’agit-il ?

Comprendre le fonctionnement des vignes

Lorsqu’on parle des vignes, ce sont les mots « vin » ou « vendanges » ou « cépages » qui nous viennent directement à l’esprit. Pourtant, avant de parvenir à cultiver le raisin pour en faire du vin, il est important de veiller au maintien et à l’entretien des vignes pour qu’elles produisent des raisins de qualité et, idéalement, en bonne quantité.

C’est ici que la coulure et le millerandage viennent perturber la bonne croissance et la bonne qualité des vignobles. Voyons cela plus en détails.

Une vigne connaît une période de floraison. Ces fleurs, qui laisseront ensuite place aux grappes, apparaissent habituellement entre les mois de mai et juin mais tout dépend du vignoble en question et aussi des conditions et des événements météorologiques.

Selon les caprices de la météo, la floraison peut être influencée positivement ou négativement.

Dans le premier cas, rien à dire, on peut obtenir de bons raisins et du bon vin.

En revanche, dans le second cas, la vigne peut alors être touchée par une coulure, une maladie que l’on peut caractériser de naturelle, qui empêche la vigne de donner suffisamment de grappes et qui, de ce fait, sont aussi peu garnies. Vous l’aurez deviné, cela impacte donc la quantité et la qualité du vin produit.

Coulure et millerandage : mieux comprendre ces phénomènes

Si on associe souvent la coulure et le millerandage, c’est parce que ces deux maladies de la vigne sont souvent liées ou bien elles sont confondues.

La première est le résultat d’une mauvaise fécondation de la fleur de la vigne entraînant sa chute, d’où le nom de coulure car la fleur coule dans le sens de « tomber ».

Le second concerne le développement des baies qui ont du mal à grandir et restent donc petites ne permettant pas de donner du bon raisin. Ainsi, les grappes ne sont pas homogènes et possèdent des raisins de mauvaise qualité puisqu’ils n’ont pas bien grandi.

En règle générale, une coulure a lieu à cause du gel ou de températures trop basses. On peut d’ailleurs citer certains des cépages les plus touchés par la coulure comme Négrette, Merlot ou Grenache.

En clair, en situation de coulure, ce sont les fleurs de vigne qui ne sont pas fécondées et finissent par tomber/couler. Dans le cas du millerandage, la vigne ne présente pas des grappes homogènes.

À noter que la coulure a lieu pendant la nouaison, c’est-à-dire pendant la première étape de la naissance du raisin, une fois que la fleur a bien été fécondée. À ce stade, les raisins sont encore petits et entament leur croissance.

Quelques précisions sur le millerandage

De manière plus simple, quand on parle de millerandage, c’est une situation dans laquelle la vigne n’arrive pas à son stade de maturation idéal. Pour nommer ces raisins, on les définit comme des millerands, qui n’ont d’ailleurs pas de pépins.

Ce phénomène résulte généralement d’une coulure provoquée par une mauvaise météo mais ce peut être aussi à cause d’un manque de bore. Ce dernier est un élément chimique essentiel pour les vignes et on le retrouve également dans l’avocat, le chou ou la laitue pour ne citer que quelques exemples de végétaux autres que le raisin.

Ce qu’il faut savoir et retenir de la coulure

À l’origine, le raisin ne servait qu’à produire du vin mais à partir du XVIe siècle, il commença à être consommé en tant que fruit.

Il faut savoir qu’une vigne doit respecter trois points essentiels pour produire du bon vin :

  1. Développer ses feuilles ainsi que ses racines et rameaux
  2. Produire des fleurs qui donneront naissance aux raisins et aux pépins
  3. Rassembler plusieurs éléments comme des minéraux, des protéines, des lipides, des glucides, etc.

Au cours de l’année, on assiste à deux stades : hétérotrophie de novembre à mai et autotrophie de mai à octobre.

En hétérotrophie, c’est la période qui précède la floraison et qui, grâce aux réserves accumulées précédemment, permet de mener à une floraison saine.

En autotrophie, grâce à la photosynthèse, en stade de floraison, les feuilles des vignes vont permettre de renouveler leurs ressources et de reproduire leurs réserves pour continuer le cycle du vignoble.

Le mois de mai est donc très important car au-delà d’être une période de transition cruciale entre ces deux phases, il est aussi celui qui est le plus exposé au risque de coulure.

S’il est impossible de maîtriser les événements météorologiques, il est tout de même possible d’approfondir ses connaissances sur ces phénomènes afin de les prévenir au maximum d’année en année.

Comment les éviter ?

La coulure et le millerandage étant directement liés aux conditions météorologiques et non à une bactérie ou un insecte ravageur, il n’existe malheureusement pas de traitement spécifique destinés à éviter ces maladies de la vigne.

Une astuce est de procéder à un rognage en fin de floraison afin de limiter la concurrence entre l’apex en croissance et la nouaison des baies. Mais attention, un rognage trop tardif ou trop précoce pourrait perturber la distribution des sucres.

Pour éviter la coulure, pas grand chose à faire, à part vous appliquer un maximum lors du palissage afin d’optimiser la production photosynthétique.

Finalement, notez que ces maladies peuvent être favorisées par une carence en bore, un oligo-élément nécessaire à la bonne fécondation des vignes. Certains bio-stimulants accessibles dans le commerce sont enrichis en bore et peuvent également aider à lutter contre les maladies.

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