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Publié par Claire Durand

Que mangent les chevaux ? Du fourrage d’abord, des concentrés seulement si nécessaire

Herbe et foin en priorité : les fibres pilotent la digestion du cheval. Les concentrés ne viennent qu’en complément si les besoins ne sont pas couverts. Eau propre à volonté et ration ajustée à l’activité.

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8 novembre 2026

Que mangent les chevaux : foin, concentrés et eau
Que mangent les chevaux : foin, concentrés et eau

Les chevaux mangent principalement de l’herbe et du fourrage, notamment du foin. Les céréales, les granulés ou les floconnés viennent compléter cette base lorsque leurs besoins le justifient. Pour bien les nourrir, il faut donc regarder autant la qualité des fibres que l’activité, l’état corporel et la santé de chaque animal, sans oublier un accès permanent à une eau propre.

Les fibres, premier aliment et moteur de la digestion

À l’état naturel, le cheval consomme surtout de l’herbe et d’autres végétaux au fil de ses déplacements. Son comportement alimentaire repose sur des prises fréquentes et de petites quantités. Selon l’IFCE, il passe 60 % de son temps à manger. La Gee Cheval indique également qu’il peut consacrer jusqu’à 20 heures par jour à marcher à la recherche d’herbe au pré : ce repère décrit une activité de recherche, pas une durée de consommation continue.

Que mange les chevaux : herbe, foin, fibres, concentrés et eau dans une infographie sur l’alimentation équine
Que mange les chevaux : herbe, foin, fibres, concentrés et eau dans une infographie sur l’alimentation équine

L’IFCE décrit le cheval comme un herbivore monogastrique : il possède un seul estomac, mais la digestion des fibres repose largement sur la fermentation dans le gros intestin. Le microbiote, cet ensemble de micro-organismes intestinaux, transforme les fibres en nutriments utilisables par l’organisme.

Le microbiote est ainsi un rouage discret de la ration : nourrir un cheval, c’est aussi entretenir les conditions de travail de cette population microbienne. Un seau plus énergétique ne compense pas automatiquement un manque de fibres ou des changements brusques. Avant d’ajouter un aliment, vérifiez donc la continuité de l’accès au fourrage et la stabilité des habitudes alimentaires.

Au pré, l’abondance apparente ne suffit pas à garantir une ration adaptée. La quantité d’herbe réellement disponible et sa valeur nutritive évoluent avec la saison, la météo et l’état de la parcelle. L’IFCE rappelle aussi que le cheval pâture la nuit, particulièrement en été.

Herbe, foin, paille et concentrés : des rôles différents

Tous les aliments pour chevaux ne sont pas interchangeables. Le fourrage apporte la base fibreuse ; les concentrés complètent certains apports. La forme du produit, à elle seule, ne permet pas de connaître son intérêt nutritionnel.

Guide officiel pour nourrir le cheval de sport avec des fourrages : Découvrez comment adapter la ration de fourrages aux besoins nutritionnels et aux performances de votre cheval de sport.

Aliment Place dans la ration Point de vigilance
Herbe Fourrage frais consommé au pâturage Disponibilité variable et richesse à surveiller au printemps
Foin Herbe séchée, base courante lorsque le pâturage ne suffit pas Qualité, poussière, moisissures et stockage
Paille Fourrage fibreux pouvant entrer dans certaines rations Ne remplace pas à elle seule un foin adapté
Ensilage Fourrage conservé par fermentation, notamment d’herbe ou de maïs Usage à encadrer ; tout produit altéré est à écarter
Concentrés Céréales ou aliments composés pour compléter la ration Quantités à ajuster et repas à fractionner

Granulés ou floconnés : lire la composition avant de choisir

Les concentrés peuvent être des aliments simples, comme l’avoine, l’orge ou le maïs, ou des mélanges composés. Ceux-ci peuvent associer céréales, légumineuses, herbes, vitamines et minéraux. Granulé et floconné désignent surtout une présentation : il faut examiner la composition, les teneurs nutritionnelles et les consignes d’utilisation pour comparer deux produits.

Un cheval peu actif n’a pas automatiquement besoin de céréales. À l’inverse, un cheval dont les besoins ne sont pas couverts par le fourrage peut nécessiter un complément adapté. Les vitamines et minéraux doivent également être considérés à l’échelle de la ration entière, plutôt qu’ajoutés au hasard.

Fruits et légumes : des friandises, pas une base alimentaire

La carotte ou la pomme peuvent être proposées occasionnellement, en petite quantité et sous une forme adaptée à la prise alimentaire. Elles ne remplacent ni le fourrage ni un complément nutritionnel nécessaire. En présence d’une maladie métabolique ou d’une restriction alimentaire, demandez au vétérinaire quelles friandises restent compatibles avec la ration.

Organiser les apports sans multiplier les gros repas

La priorité est d’éviter les longues périodes sans fourrage, plutôt que de concentrer toute l’alimentation dans quelques distributions. Au box, l’organisation doit permettre au cheval de retrouver des prises alimentaires réparties. Au pré, vérifiez que chaque animal accède effectivement à l’herbe ou au foin, notamment en groupe.

Zooplus donne un repère de 1,5 à 2 kg de fourrage pour 100 kg de poids et par jour. Cette indication ne constitue pas une ration universelle : l’humidité de l’aliment, sa qualité, le pâturage consommé et l’état du cheval doivent être pris en compte. Les kilogrammes d’herbe fraîche ne se comparent pas directement aux kilogrammes de foin.

Pour les concentrés, Royal Horse recommande 3 repas par jour, à heures fixes, chez le cheval au travail. Ce fractionnement ne signifie pas que tout cheval doit recevoir trois repas de céréales : seuls les apports nécessaires sont à répartir. Peser les aliments est plus fiable que se fier uniquement au volume d’une mesure.

L’eau propre doit rester disponible à volonté. La Gee Cheval avance une indication de 40 litres d’eau au minimum par jour. Ce chiffre ne doit pas devenir un volume à distribuer puis à limiter : la consommation varie notamment avec l’alimentation, la chaleur et l’effort. Contrôlez la propreté et le fonctionnement des abreuvoirs.

Ajuster la ration au cheval, puis vérifier le résultat

Deux chevaux de même taille ne mangent pas nécessairement les mêmes quantités. L’activité, l’âge, la race, l’état corporel et la santé modifient leurs besoins. Un passage du pré au box ou une baisse de travail impose donc de réexaminer la ration, même si le cheval reçoit depuis longtemps le même aliment.

  • Cheval au repos : évaluer d’abord les apports du pâturage et du foin avant d’ajouter de l’énergie.
  • Cheval au travail : ajuster les compléments à l’effort réel et à l’évolution de l’état corporel.
  • Cheval âgé : surveiller la mastication et la dentition ; une texture adaptée peut devenir nécessaire.
  • Poulain, jument gestante ou allaitante : faire établir une ration correspondant aux besoins de croissance ou de reproduction.
  • Cheval malade ou en convalescence : suivre des recommandations individualisées, notamment pour l’amidon et les sucres.

Pour suivre les résultats, notez les quantités distribuées, les refus, l’appétit et l’évolution de la silhouette. Observez régulièrement les côtes et les dépôts graisseux, sans vous fier uniquement au ventre. Un amaigrissement ne justifie pas automatiquement davantage de céréales : il peut nécessiter un contrôle dentaire ou vétérinaire.

Introduisez progressivement tout nouvel aliment, y compris lors de la remise à l’herbe. Un nutritionniste équin peut équilibrer la ration ; le vétérinaire reste l’interlocuteur prioritaire lorsqu’un problème de santé est suspecté.

Écarter les aliments douteux et reconnaître les alertes

Un fourrage moisi, un ensilage altéré ou un aliment mal conservé ne doit pas être distribué. Inspectez les lots à l’ouverture et pendant leur utilisation. Un foin très poussiéreux demande également une évaluation : l’apparence générale de la botte ne garantit pas la qualité de tout son contenu.

Ne donnez pas de déchets de cuisine, de tontes de pelouse ou de végétaux non identifiés. La présence de plantes toxiques doit être surveillée dans les pâtures comme dans les fourrages. Les friandises sucrées et les excès de céréales n’ont pas leur place dans une distribution improvisée.

Au printemps, une herbe riche nécessite une vigilance particulière chez les chevaux prédisposés à la fourbure. Des sensibilités gastriques ou des ulcères peuvent aussi imposer une ration spécifique : choisir seul un aliment « digestion » ne remplace pas un diagnostic.

Une perte d’appétit, des difficultés à mâcher, des coliques ou une douleur des pieds justifient un avis vétérinaire rapide. En cas de signes aigus, n’attendez pas qu’un changement de ration règle le problème. Une alimentation adaptée se construit sur une base simple : du fourrage de qualité, de l’eau accessible et des compléments réellement justifiés.

Mis à jour le 8 novembre 2026

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Claire Durand

Claire Durand est agronome et fondatrice de La Télé Agricole, une plateforme d’information sur les pratiques agricoles et les innovations du secteur. Depuis 2015, elle y partage des contenus variés : émissions, podcasts, et articles pensés pour rapprocher les mondes agricole et technologique.

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