L’alimentation du cheval repose d’abord sur l’herbe ou le foin, puis sur des apports complémentaires adaptés à ses besoins réels. Pour composer une ration, il faut connaître son poids, son état corporel, son activité et la qualité du fourrage. Les granulés ne sont pas systématiques : un cheval à l’entretien peut recevoir assez d’énergie avec son fourrage, tout en ayant besoin d’un complément minéral adapté.
Sommaire
Le fourrage nourrit le cheval et occupe sa journée
Le cheval est un herbivore monogastrique : il possède un seul estomac, mais une grande partie de la valorisation des fibres se déroule dans le gros intestin. Le microbiote y assure leur fermentation et produit des composés utilisables comme source d’énergie. Les fibres constituent donc une base nutritionnelle, pas un simple lest.

À l’état naturel, le cheval consacre environ 60 % de son temps à manger de petites quantités. Au pré, l’ingestion peut occuper environ 16 heures par jour, avec du pâturage nocturne, notamment en été. Une ration avalée rapidement ne répond donc pas aux mêmes besoins comportementaux qu’un fourrage disponible longtemps.
Reconnaître un foin utilisable
Choisissez un foin sans moisissures, sans odeur suspecte et peu poussiéreux. Sa couleur seule ne permet pas de juger sa valeur nutritive : la maturité des plantes, leur composition botanique et les conditions de récolte comptent aussi. Une analyse de fourrage aide à connaître ses apports et à choisir les compléments pertinents.
Stockez-le au sec, à l’abri des infiltrations et dans un espace ventilé. Humidifier un foin peut réduire certaines poussières, mais ne rend pas consommable un fourrage moisi. Pour un cheval présentant une affection respiratoire, faites choisir le traitement du fourrage avec le vétérinaire.
Calculer la ration en matière sèche plutôt qu’en volume
La matière sèche correspond à ce qui reste d’un aliment après retrait de son eau. Elle permet de comparer l’herbe, très humide, au foin et aux concentrés. Un cheval au pré peut ingérer 50 à 100 kg d’herbe fraîche par jour : ce poids ne représente évidemment pas la même quantité de nutriments que celui d’un fourrage sec.
Bien nourrir son cheval : les clés d’une ration équilibrée : Cette référence officielle de l’IFCE explique comment construire une alimentation adaptée au cheval, du choix du fourrage au calcul des apports nutritionnels.
Un repère général pour un adulte est de 1,5 à 2 kg de matière sèche pour 100 kg de poids corporel par jour. Pour 500 kg, cela représente 7,5 à 10 kg de matière sèche. Ce point de départ doit être ajusté à l’état corporel, au fourrage, à l’activité et à la santé du cheval.
Un exemple concret pour un cheval de 500 kg
Avec un foin à 85 % de matière sèche, 12 kg bruts apportent 10,2 kg de matière sèche. Un adulte de 500 kg peut consommer environ 10 à 15 kg de foin par jour selon sa situation. Il faut distinguer le foin distribué du foin réellement mangé, en tenant compte des refus et du gaspillage.
- Calcul du fourrage : poids brut multiplié par la proportion de matière sèche.
- Pesée des concentrés : utilisez une balance, car un litre n’a pas un poids constant d’un produit à l’autre.
- Vérification nutritionnelle : contrôlez ensuite l’énergie, les protéines et les minéraux, pas seulement le poids total.
Par exemple, 3 litres de granulés pesant 650 g par litre, à 89 % de matière sèche, apportent environ 1,73 kg de matière sèche. Les UFC, unités fourragères cheval, servent à exprimer l’énergie ; les MADC, matières azotées digestibles cheval, renseignent sur l’apport protéique digestible. Un nutritionniste équin peut utiliser ces valeurs pour équilibrer précisément la ration.
Choisir un aliment pour combler un manque identifié
Un aliment se choisit selon sa composition et son usage, non selon son apparence. Granulés et floconnés peuvent avoir des teneurs très différentes en fibres, amidon, protéines et matières grasses. Leur forme ne suffit donc pas à déterminer s’ils conviennent à votre cheval.
| Aliment | Rôle principal | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Herbe et foin | Base fibreuse et apport énergétique | Quantité consommée, sucres et qualité sanitaire |
| Paille | Fourrage pauvre pouvant compléter certaines rations | Ne remplace pas seule un foin adapté ; usage à encadrer |
| Granulés et floconnés | Compléter les besoins non couverts | Amidon, dose quotidienne et équilibre global |
| Aliments fibreux et substituts de fourrage | Apporter des fibres sous une autre forme | Capacité réelle à remplacer le foin et préparation |
| Mash | Repas réhydraté selon sa formulation | Ne constitue pas automatiquement une ration complète |
| Complément minéral et vitaminique | Corriger des apports insuffisants | Éviter les doublons avec un aliment déjà enrichi |
Le complément minéral fonctionne comme un joint entre deux pièces : il corrige les défauts d’ajustement entre les apports du fourrage et les besoins du cheval. Il ne peut toutefois pas compenser une base mal dimensionnée. Avant d’empiler les produits, vérifiez ce que fournissent déjà le foin et l’aliment enrichi : deux compléments peuvent se chevaucher plutôt que se compléter.
Adapter les apports au mode de vie et au stade physiologique
Au pré, au box et au travail
Pour le cheval d’entretien, une ration comprenant 80 à 100 % de fourrage constitue un repère courant ; les concentrés ne sont pas nécessairement utiles. Au pré, surveillez l’évolution de l’herbe et l’embonpoint, particulièrement lors des périodes de pousse. Un pré ras ne garantit pas une ingestion faible ni un faible apport en sucres.
Au box ou au paddock sans herbe, le foin doit remplacer l’accès au pâturage, avec des sorties et du mouvement adaptés. Pour un cheval de sport, augmentez les apports selon le travail réellement effectué et l’évolution de son état. Privilégiez une ration suffisamment fibreuse et évitez de couvrir tous les besoins supplémentaires par de gros repas riches en amidon.
Poulain, poulinière et senior
La croissance, la fin de gestation et la lactation demandent une attention particulière aux protéines, aux minéraux et à l’énergie. L’objectif n’est pas de faire grossir rapidement le poulain, mais de soutenir une croissance régulière avec une ration équilibrée. Un calcul professionnel est particulièrement utile à ces étapes.
Chez le senior, vérifiez d’abord la dentition et la capacité à mâcher. Un cheval âgé en bon état n’a pas automatiquement besoin d’un aliment spécialisé. En revanche, s’il laisse tomber des boulettes de foin ou maigrit, un bilan vétérinaire et un substitut fibreux réhydraté peuvent être nécessaires.
Distribuer pour préserver la digestion et repérer les alertes
Visez un temps d’ingestion prolongé, avec un repère d’au moins 10 heures par jour. Un kilogramme de foin est ingéré en environ 40 minutes ; un filet adapté peut doubler cette durée. Les filets, râteliers et slowfeeders doivent rester sûrs, accessibles et compatibles avec la posture du cheval. En groupe, multipliez les points de distribution pour limiter la compétition.
Fractionnez les concentrés et introduisez progressivement tout changement d’aliment ou de pâturage. Maintenez un accès permanent à une eau propre, contrôlez les abreuvoirs et prévoyez un apport de sel adapté. Après une forte sudation, les besoins en électrolytes méritent une évaluation spécifique.
Surveillez régulièrement l’état corporel, les crottins, l’appétit et les refus. Chez un cheval obèse, insulinorésistant ou sujet à la fourbure, la gestion de l’herbe et des sucres doit être encadrée sans imposer de jeûne prolongé. Les longues périodes sans fourrage favorisent aussi les problèmes gastriques.
Une douleur abdominale, un refus de manger ou une suspicion de fourbure nécessitent un appel vétérinaire rapide, pas une simple modification de ration. Au quotidien, peser les aliments et suivre l’évolution du cheval reste plus utile que multiplier les compléments sans objectif précis.
Mis à jour le 27 octobre 2026