Un champs de blé

Aujourd’hui, nous allons parler du salaire d’un agriculteur céréalier en France. Loin d’être stable, le prix de la tonne de céréales ne rapporte pas forcément à l’agriculteur autant qu’elle lui coûte à produire. Cette fluctuation des cours fait de la vente de céréales une activité qui n’est toujours lucrative. Comment fait donc l’agriculteur pour se payer ? Prenons le blé comme exemple…

Le salaire de l’agriculteur céréalier en France

La première étape est de comprendre comment on calcule le revenu brut de l’agriculteur céréalier. Eh bien c’est très simple : il gagne sur sa production le prix auquel il vendra sa récole (soit le prix du blé au cours actuel lors de la vente, multiplié par le poids de sa production totale), auquel on soustrait le prix auquel il acheté ses graines plus ses coûts externes (matériel, entretien, carburant…). Jusque-là, rien de très compliqué.

Le problème est que, lorsque l’agriculteur plante ses graines de blé en octobre, il ne connaît qu’une seule valeur dans toute cette équation : celle du prix auquel il a acheté ses graines. Pour le reste, il n’en sait pas plus : quantité et qualité de la récolte, prix du blé l’année suivante, coûts externes… Tout ça, seul l’avenir le lui dira.

Le prix de vente de la tonne de blé

Là, on arrive à un sujet plus complexe. Pour cela, il faut comprendre la loi de l’offre et de la demande. Alors que les prix de la plupart des produits que nous achetons (voitures, smartphones, ordinateurs…) sont fixés par les fabricants, les prix des produits issus de la nature sont souvent imposés par la demande. C’est-à-dire que plus un bien est rare, plus il sera cher ; et inversement.

Dans notre cas, nombreux sont les facteurs qui vont venir influer sur la quantité totale de blé produite, et donc sur le prix de la tonne de blé. Bien sûr, les conditions météorologiques y sont pour beaucoup. S’il fait trop chaud ou trop froid, trop ou pas assez pluvieux, les récoltes en seront affectées. Même un hiver pas assez froid pourrait venir modifier la donne : en effet, s’il ne gèle pas assez, de nombreux parasites survivront à l’hiver et pourraient nuire aux récoltes l’année suivante.

Pourquoi les cours fluctuent-ils autant ?

Ce qu’il faut également comprendre, c’est que nous vivons maintenant dans une société où la mondialisation est bien installée. Le prix de la tonne de blé ne s’adaptera donc pas seulement à la quantité totale de blé produite en France, mais dans le monde entier. Il suffit donc qu’un gros pays tel que les Etats-Unis fassent une grosse récolte pour que le prix du blé baisse considérablement – parfois du simple au double, voire au triple !

Mais en plus de ça, on ajoute aux facteurs déterminants les conditions économiques de chaque pays, les restrictions d’exportation, les enjeux géopolitiques, les différences de valeur des monnaies – elles aussi, très variables -, etc. Vous comprenez maintenant pourquoi tout n’est pas si simple.

Comment l’agriculteur fait-il pour s’en sortir ?

Ajoutez à tout ça la variation du cours du pétrole, nécessaire à l’utilisation des tracteurs qui sèment, entretiennent et récoltent le blé ; les frais liés au matériel – on ne peut jamais prévoir quand une moissonneuse tombera en panne – ; les frais et taxes habituels – main d’oeuvre, impôts, assurances… – et on se demande bien comment fait un agriculteur céréalier pour s’en sortir.

Il faut donc que le prix de vente de sa récolte soit supérieur à tous ses coûts de production, ce qui n’est, autant vous le dire tout de suite, pas toujours le cas. Pour cela, il existe un service de l’Union Européenne appelé la Politique Agricole Commune (PAC), qui subventionne et régularise les revenus de nos agriculteurs. C’est grâce à elle que ces derniers peuvent manger lorsque les récoltes ne sont pas suffisantes ou que le cours du blé est trop bas pour les rembourser.

Malgré tout, le revenu des agriculteurs céréaliers français est souvent trop instable. Ajoutez à cela des investissements qui s’amortissent sur le long terme – terrains, tracteurs, hangars… – et l’on comprend bien pourquoi, contrairement à la plupart des autres métiers, ils doivent raisonner leurs revenus sur plusieurs années. En fin de compte, l’agriculteur ressemble plus à un parton qu’à un employé.

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