Agriculteurs Bio

En France, l’État propose des aides financières aux agriculteurs qui s’engagent à effectuer la transition de leur exploitation vers une agriculture biologique. Cela permet à ces exploitants de compenser certaines pertes de rendement dans les premières années et surtout d’investir dans du matériel agricole adapté. Cependant, les retards de l’État dans le paiement de ces aides s’accumulent depuis plusieurs années. Des agriculteurs ont alors décidé de porter plainte.

Une plainte qui a porté ses fruits

Le président de la République l’avait promis : les terres agricoles dédiées à une production biologique passeraient de 6,5 % à 15 % en 2022. Pour cela, des aides financières devaient encourager les agriculteurs à effectuer la transition. Malheureusement, le versement de ces aides a accumulé un retard important et des agriculteurs ont fini par porter plainte contre l’État.

Ils ont apparemment bien fait puisque l’État a immédiatement versé une partie de ces aides dès que la plainte a été rendue publique. Le 28 mars dernier, le ministère de l’Agriculture a annoncé avoir effectué un premier versement équivalant à 30 % de la somme totale à l’ensemble des agriculteurs concernés par cette aide.

Une situation tendue entre les agriculteurs bio et le gouvernement

Pour passer au bio, les agriculteurs sont souvent obligés de se montrer inventifs. Beaucoup achètent du matériel agricole d’occasion sur des sites Internet. Cependant, cette situation fait alors peser sur les épaules des agriculteurs bien intentionnés la charge financière de cette transition.

Là où cela pose un problème, c’est que l’agriculture est une nécessité de santé publique et son financement ne devrait pas peser sur des travailleurs qui ont déjà bien souvent du mal à vivre de leur activité. Cette plainte déposée par les agriculteurs est donc un coup de pression de la part de leur profession sur un gouvernement qu’ils trouvent irresponsable face aux enjeux dont il est question.

Vers une réduction des aides

Cette situation de tension ne promet pas de s’améliorer puisque le ministre de l’Agriculture a annoncé à la fin du dernier salon de l’agriculture qu’il avait l’intention de faire passer ces aides à la transition d’une durée de cinq ans à une durée de trois ans. Selon lui, l’objectif serait alors de pouvoir offrir ces aides à un nombre plus important d’agriculteurs.

Dans les rangs des agriculteurs biologiques, on a surtout l’impression que les priorités des gouvernants se trouvent ailleurs. Effectivement, les 30 % versés il y a quelques semaines correspondent à une somme de 120 millions d’euros. Les sommes nécessaires sont donc tout à fait dérisoires face aux coûts d’autres dépenses pourtant assumées en temps et en heure par l’État, comme les 40 milliards d’euros annuels versés aux grandes entreprises dans le cadre du CICE.

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